1 / Question : Choix entre revêtement plastique et carrelage dans les salles de bains |
Réponse : "Le choix entre Tara douche et carrelage n'est pas à mon avis un problème d'hygiène mais de maintenance du bâtiment (la contamination à partir des joints du carrelage relevant du phantasme s'ils sont correctement réalisés). Selon les projets, je rencontre deux attitudes très tranchées et très opposées sur cette question, l'étanchéité à moyen terme du Tara douche étant mise en cause. Il semble qu'il ne s'agisse pas du matériau mais de la technique de pose qui nécessite une étanchéité préalable à la pose du revêtement qui doit ensuite être réalisée par des professionnels très expérimentés. Un carrelage bien posé ne posera aucun problème." |
2/ Question : Prévoir une alimentation électrique au sol pour une future table d'opération |
Réponse : "L'amenée d'un fourreau pour prévoir l'installation ultérieure d'une table électrique en salle d'opération ne paraît pas aberrante, même s'il existe des tables sur batterie très performantes. Il faut que cette future table soit fixe afin que l'alimentation y soit intégrée, le sol restant parfaitement lisse. En attendant cette future installation, le sol doit également rester lisse et l'emplacement du fourreau doit être simplement repéré sur des plans." |
3 / Question : Nettoyage des brancards dans la zone de transfert |
Réponse : "Le nettoyage des brancards est réalisé avec un chiffon papier et un pulvérisateur de détergent désinfectant. L'espace de la zone transfert doit être suffisamment important afin d'effectuer sans difficulté cette tâche, un local spécifique supplémentaire n'est pas nécessaire. Dans le cas d'un tel local, se méfier de l'utilisation du lavage sous haute pression qui détériore les roulements et pulvérise des aérosols contaminés. Prévoir un lavabo dans la zone de transfert pour le lavage des mains des brancardiers." |
4/ Question : Fenêtres dans les blocs opératoires et ventilation du local de nettoyage des endoscopes |
Réponse : "Il faut prévoir des fenêtres chaque fois que cela est possible, mais il ne faut pas les ouvrir au sein du bloc opératoire. Un système d'occultation est nécessaire dans les salles d'opération. Il doit être extérieur ou intégré dans le double vitrage de la fenêtre et commandé électriquement. Il est important de permettre aux personnes qui travaillent dans un bloc de conserver une vision sur l'extérieur, même limitée. Il est fort désagréable en hiver de ne jamais voir la lumière du jour.
Par contre, il faut ventiler correctement les locaux, notamment celui où est réalisée la désinfection des endoscopes qui dispose au minimum d'une ventilation d'air neuf à 10 volumes par heure." |
5 / Question : Utilité des vides/lave bassin |
Réponse : "Les lave bassins dans les étages sont utiles pour désinfecter les bassins en fin de séjour de patient étant donné qu'ils sont nettoyés au quotidien dans le sanitaire de la chambre en utilisant la douchette. Ces appareils doivent être à désinfection thermique. Avant de les installer, il est judicieux de vérifier qu'ils correspondent au type de bassin en service et qu'ils seront effectivement utilisés. La désinfection du bassin à la sortie du patient peut également être réalisée par pulvérisation de désinfectant (méthode efficace si elle est mise en ouvre rigoureusement)." |
Commentaire d'un internaute sur la réponse apportée (Janvier 2004)
"Monsieur,
Nous avons visité votre site et sommes tout à fait en phase avec votre approche cohérente et pragmatique de l'hygiène des établissements de soin.
Cependant dans votre réponse concernant les lave-bassins, vous suggérez de ne les utiliser qu'à la fin du séjour et de "nettoyer" les bassin quotidiennement qu'avec une douchette dans la salle de bains : nous contestons vigoureusement cette assertion car l'usage de douchettes
1) ne permet pas une hygiène correcte des bassins et donc crée un réservoir de germes fécaux (plutôt + que - résistants aux ATBs) qui peuvent se multiplier et recoloniser le périnée et les voies urinaires du patient
2) créent un risque de contamination fécale par aérosols et projections très important pour les personnels qui les manipulent, mais aussi pour les patients et leurs objets de toilette: quand vous tirez la chasse d'eau des WC dans une salle de bains, vous retrouvez des germes fécaux sur la brosse à dents qui est sur le lavabo...
Les douchettes doivent être SUPPRIMEES des SDB DE TOUS LES ETABLISSEMENTS DE SOINS et l'entretien des bassins et pistolets doit se faire exclusivement dans un (bon) lave bassin thermique avec un programme suffisamment long et chaud." |
Réponse : "Merci pour vos commentaires et pour votre réaction qui me permet d'apporter le complément suivant :
Il y a longtemps, j'ai dit la même chose que vous et j'ai observé ce qui se passait dans les services qui n'étaient à l'époque pas encore équipés de douchettes. Faire circuler des bassins sales au travers des couloirs à toute heure du jour (visites, repas, soins) n'est pas anodin en terme d'hygiène et pas très commode. Cela donne également une image de vieux service mal équipé qui ne séduit personne. On peut (comme je l'avais suggéré) enfermer le bassin dans un sac plastique le temps du transport. En définitive, (et c'est souvent comme cela en matière d'hygiène), c'est le personnel qui décide dans sa pratique quotidienne, les notes de service de l'hygiéniste étant d'autant moins respectées qu'elles sont fréquentes. J'ai également constaté que des lave bassins installés (après de vigoureuses et longues négociations avec la Direction) dans chaque service d'un hôpital où je travaillais ont dû être démontés après un an car leur absence d'utilisation entraînait l'assèchement du siphon et les odeurs qu'on imagine. J'avais demandé la généralisation de douchettes d'un modèle particulier, c'est à dire avec un pommeau situé à l'extrémité d'un bras abattant rigide qui dérivait 30% du flux d'eau enrichi de désinfectant vers le bassin, le reste s'écoulant dans la cuvette. Ce modèle, assez répandu aux USA, n'est pas facile à trouver en France et coûte plus cher que le modèle classique (le fournisseur s'appelait franco-néerlandaise). Dans la situation devenue normale des sanitaires hospitaliers, des pistolets et non pas des douchettes sont installés, commandés par un robinet. L'utilisation intelligente de ce matériel, par ailleurs bien utile, suppose :
- qu'il soit associé à la distribution automatique d'un désinfectant
- que le personnel porte un tablier plastique de protection jetable en cas de présence de germes spécifiques
- des gants jetables systématiquement
et surtout qu'il règle l'écoulement avec une faible pression, ce qui relève un peu du bon sens. Le personnel est en général très concerné par ce risque de dispersion dont il est le premier bénéficiaire ! Une formation en hygiène règle assez bien ce problème.
La balayette qui sert au nettoyage du bassin est immergée en permanence dans une solution concentrée de détergent désinfectant changée chaque jour.
Le bassin est soigneusement nettoyé et rincé à chaque utilisation. Il est désinfecté de manière systématique une fois par jour lors du nettoyage de la chambre.
Dans ces conditions, il est possible de gérer efficacement et de façon réaliste, ce risque de contamination qui n'est pas prés de disparaître !
Dans le cas de services à haut risque (réanimation, greffe), je propose toujours dans les programmes ou conception que je réalise de placer un lave bassin thermique par chambre car le risque de contamination par le transport est réellement trop important. Mais là encore cet aménagement suppose des précautions techniques et une réflexion adaptée à chaque cas.
Bref, en hygiène rien n'est simple, on n'est jamais trop précis, par contre on est parfois trop réducteur en ne prenant pas totalement en compte les aspects pratiques." |
6/ Question : Traitement d'air de deux chambres d'isolement des patients en aplasie |
Réponse : "Les caractéristiques de la ventilation des chambres d'isolement des patients en aplasie sont variables en fonction du niveau et de la durée de l'aplasie. La mise en ouvre technique dépend des caractéristiques du bâtiment et de l'emplacement de la centrale de traitement d'air par rapport aux chambres et à la prise d'air extérieure. L'idéal serait de disposer d'un local technique très bien isolé phoniquement qui soit situé prés des deux chambres et proche d'une prise d'air.
Il est également important que la maintenance technique de ce matériel puisse être réalisée sans interférer sur le fonctionnement du secteur d'isolement. Un des risques majeurs est la présence potentielle d'Aspergillus, abondantes dans les filtres poussiéreux enlevés lors des opérations de maintenance. L'installation doit comprendre pour chaque chambre deux à trois filtres absolus H10 alignés au centre de la chambre, dans l'axe du lit, protégés par une grille de soufflage. La reprise murale comporte une bouche équipée d'un pré filtre à raison d'un tiers en partie haute et 2/3 en partie basse, elle est organisée sur la paroi correspondant au pied et à la tête du lit. L'idéal serait, comme dans les salles d'opération, de reprendre l'air dans chaque angle de la chambre. La vitesse de soufflage de l'air ne doit pas excéder 0.20 à 0.25 m/s, donnée qui permettra de définir le débit en fonction du nombre de filtres installés et de leurs caractéristiques. La surpression permanente entre la chambre et le sas d'accès (indispensable) doit être au minimum de 15 pascals." |
7/ Question : Nécessité du local « utilité » dans les services de soins |
Réponse : "Les infirmières ont raison de souhaiter un endroit pour laver le petit matériel, mais ce ne doit pas être la salle de soins qui doit rester propre et ne disposer que d'un lavabo pour le lavage des mains. Par contre, une utilité sale doit être située à proximité du poste de soins et être équipée d'un déversoir mural et d'une paillasse avec évier." |
8 / Question : Eclairage des locaux |
Réponse : "Les appareils d'éclairage sont généralement situés au centre des circulations, ce qui est fort désagréable pour le patient allongé sur un brancard. Les décaler latéralement supprime cet inconvénient.
Lorsque apparaît une différence de nature de source lumineuse entre la salle de réveil et le reste du bloc opératoire, il faut s'assurer que la température de couleur est identique dans les deux cas, sinon les téguments du patient changeront de couleur en passant d'un local à l'autre, ce qui perturbera les anesthésistes." |
| 9/ Question : Etanchéité des portes de salle d'opération |
Réponse : "Il est parfois demandé des portes avec joints d'étanchéité. Les portes de salles d'opération doivent être hermétiques afin de laisser filtrer une part contrôlée de la surpression à maintenir, en conséquence le débit de fuite doit être connu. Par contre, il ne faut pas qu'elles soient étanches car la pression de l'air maintenu en salle sur les joints entraîne des sifflements fort désagréables. Ce choix permet également des économies." |
| 10/ Question : "Quelle qualité de traitement d'air préconisez-vous dans des salles destinées à la pose de chambres implantables et de pace maker ?" |
Réponse : "Les patients qui vont subir la pose d'une chambre implantable ou d'un PM ne sont généralement pas au mieux de leur capacité de défense immunitaire. Ils ne sont pas non plus en situation de déficit grave. Dans ce cas, il me semble nécessaire de pratiquer cette pose dans un environnement aseptique avec toutes les mesures d'hygiène requises tant au niveau du personnel que du matériel. Le traitement d'air doit être au moins de classe ISO 8 sans oublier que selon le type d'anesthésie employé (AG avec circuit ouvert), le taux d'air neuf envoyé dans le local doit être au moins de 15 volumes/heure. Il peut être réduit à 6 en cas d'utilisation systématique de circuit fermé raccordé sur une prise SEGA. Mais utilisera-t-on un respirateur à circuit fermé pour une intervention courte ?" |
| 11/ Question : "Dans une salle septique, peut-on procéder à la pose d'un pace maker ? A ma connaissance, il n'existe aucun texte ou normes l'interdisant." |
Réponse : "Il n'existe en effet, et c'est bien regrettable, aucun texte qui codifie cet aspect important du fonctionnement d'un bloc opératoire. Mais il reste le bon sens de chacun.
Oui, il est possible de poser un PM dans une salle septique.........si celle-ci est parfaitement propre, air et surfaces. Il faut se méfier des consommables éventuellement stockés en salle au cours des interventions car les emballages ont pu stocker des particules contaminées. L'idéal serait que cette salle soit vide avec un petit stockage stérile à proximité. Il faut voir également à quel moment se pratique cette pose de PM. Si c'est en fin de journée, après une certaine activité de la salle, il est indispensable que celle-ci ait été nettoyée et désinfectée avec un spray désinfectant en laissant tourner la ventilation. Il faut surtout que le personnel change complètement de tenue et se lave très soigneusement les mains.
Ceci étant, dans un bloc opératoire bien des salles ne portent pas l'étiquette infâmante de septique et on y réalise quand même des interventions contaminantes. En clair, quand on prend une salle pour poser un PM, mieux vaut s'assurer du programme qui s'y est déroulé précédemment." |
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