DE LA CONCEPTION DES BLOCS OPERATOIRES
ET DE LEUR TRAITEMENT D'AIR
La question essentielle à poser préalablement à la
signature d’un marché avec une équipe
de conception de bloc opératoire devrait porter
sur son expérience réelle de la vie quotidienne
de cette structure et des différentes spécialités
qui y sont pratiquées. Une question complémentaire
devrait porter sur sa connaissance effective des mécanismes
de la contamination et sur les moyens de la combattre Il
ne lui serait pas inutile de connaître également
les us et coutumes de la population enfermée de
longues heures chaque journée dans ce vase clos,
soumise à l’érosion des habitudes et à un
fort niveau de stress.
Il suffit généralement de cumuler
les réalisations pour être reconnu apte à les
poursuivre, en l’absence de toute démonstration
d’une connaissance effective des pratiques et des
risques. Habitué fréquemment à l’inconfort
dans les installations précédentes, le personnel
s’adapte tant bien que mal à une nouvelle
structure. Il manifeste peu d’exigences particulières
car il possède rarement les connaissances qui lui
permettraient d’être critique par rapport à ce
qui lui est proposé. Les insatisfactions apparaissent à l’usage.
Les responsables, tant Maître d’œuvre
que Maître d’ouvrage sont passés à autre
chose et chacun a intérêt à exprimer
sa satisfaction par rapport à un projet fort coûteux.
Cette complicité objective permet finalement de
ne rien modifier, donc de pérenniser la médiocrité du
système, en l’absence de règlementation
globale concernant le bloc opératoire.
La méconnaissance d’un sujet
donne toutes les assurances car on ne peut naturellement
concevoir ce qu’on ignore et la parfaite maîtrise
de techniques très sophistiquées ne confère
pas pour autant un savoir universel. Il serait certainement
souhaitable que les concepteurs doutent davantage, manifestent
un peu plus d’humilité et que les donneurs
d’ordre soient plus exigeants parce que mieux formés
au plan technique. Les conséquences de mauvais choix
conceptuels ne sont pas aisément transposables en
réalité statistique, surtout en France, mais
il est vraisemblable qu’elles interviennent sur le
niveau de risque d’infection nosocomiale au bloc
opératoire. La suppression des sas d’accès
aux salles d’opération dans de multiples projets
en est un exemple qui mériterait d’être évalué.
Ce point permet d’évoquer la
conception, la mise en œuvre et la maintenance des
systèmes de traitement d’air. Dans ce cas également,
la compétence technique des intervenants est incontestable.
Le seul problème est que la plupart du temps, ils
ne maîtrisent pas la connaissance pratique du fonctionnement
quotidien des utilisateurs des systèmes qu’ils
conçoivent. Les installateurs en savent encore moins
et la maintenance pas davantage.
Il serait pourtant utile que chacun soit
conscient de ses devoirs et de sa responsabilité vis-à-vis
de l’utilisateur final, le grand absent des discussions
techniques et financières: l’humain qui souffre
et qui espère, qui fait confiance et qui attend
: le patient.
La critique ne vaut que si elle est accompagnée
de propositions. C’est l’objectif essentiel
que je fixe au cabinet Patrick Breack pour les années à venir.
Transmettre la connaissance accumulée au cours des
dizaines d’années d’expérience
de la vie quotidienne hospitalière et de son application
dans de multiples réalisations, tout en gardant
le contact avec l’évolution technique et la
réalité de quelques projets très ciblés.
Bonne
lecture et merci de votre visite.
Patrick
Breack
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