Dans le local de lavage chirurgical se développe inévitablement une pollution assez importante liée au brossage des mains. Il doit donc être bien ventilé, également assez grand pour permettre le passage du malade. Il est en effet inutile de prévoir des accès différents pour le malade et pour le chirurgien, ce qui multiplie inutilement le nombre de portes. Par ailleurs, il est chronologiquement improbable que le malade soit amené en salle pendant que l'équipe opératoire se lave les mains. Il est préférable de faire des économies à ce niveau de façon à s'offrir des portes coulissantes automatiques qui n'ont aucune raison d'être étanches. Ce point sera repris au niveau du traitement de l'air.
Le local de stockage des produits stériles doit être situé à proximité immédiate de la salle d'opération afin que la panseuse n'ait jamais à s'éloigner longuement de l'intervention en cours.
L'arsenal stérile peut être un local situé en interface entre la salle d'opération et le couloir. Il dispose dans ce cas d'un traitement d'air d'une qualité égale à celle de la salle d'opération. Il sera par contre en surpression permanente par rapport à la salle. Toute ouverture de la porte de communication entre ce stock et la salle ne doit pas entraîner de contamination du stock ou de perturbation importante du schéma aéraulique de la salle. Ce local dispose également d'une porte donnant sur le couloir, ce qui permet de le réalimenter, même en cours d'intervention, par exemple avec des packs ou des boites d'instrumentation en retour de stérilisation. Plus classiquement, il est organisé selon le schéma ci-dessous et doit être en surpression permanente par rapport au sas.
Les salles d'opération doivent posséder des murs nus, lisses aux angles arrondis ou coupés. Ce dernier point ne pose pas de problème puisque les angles des salles sont coupés pour organiser les reprises du système de traitement d'air. Les alimentations des fluides médicaux et des prises de courant pour l'anesthésiste doivent être réunies sur un bras mobile fixé au plafond et doublées au mur. L'alimentation en fluide et en électricité nécessaire au chirurgien doit être réfléchie. En effet dans bien des cas, l'alimentation par bras ne correspond pas aux configurations souhaitées par le chirurgien et peut constituer une gêne.
Schéma de principe d'une salle d'opération conventionnelle
Le sol doit évidemment être lisse comporter une plinthe à gorge d'un rayon de 15 cm. Il n'est pas indispensable que le sol d'une salle d'opération soit conducteur, dans la mesure ou l'établissement peut garantir l'absence d'utilisation de gaz anesthésiques inflammables ou explosifs. Néanmoins un accord préalable devra être demandé aux organismes de contrôle. Il faut faire la différence entre un sol conducteur qui suppose une trame de cuivre reliée à la terre et un sol antistatique comportant des particules de carbone, dont l'efficacité se limite à des courants extrêmement faibles, mais qui permet d'éliminer les décharges d'électricité statique. Le sol en carrelage peut être une solution dans la mesure ou ce carrelage comporte peu de joints, donc réalisé en dalles de grandes dimensions. Cette méthode entraîne toutefois une pollution sonore importante. Les sols en résine coulée peuvent présenter de grands avantages puisqu'ils éliminent tous les joints et qu'ils permettent une remontée en plinthe en solution de continuité. Toutefois il faut s'assurer de l'expérience de l'entreprise quant à la manipulation de ces sols dont le coût est relativement élevé. En règle générale un sol thermoplastique antistatique posé en lés soudés constitue une bonne solution.
Les parois doivent être lisses, comporter des angles arrondis ou coupés. Elles peuvent être revêtues d'une peinture, d'un revêtement plastique collé, de céramique, de plaques métalliques, de carrelage. La peinture relativement fragile doit être protégée à hauteur de chariots par des bandes de plastique ou de métal susceptibles d'amortir les chocs. A ce niveau la plinthe à gorge d'un rayon de quinze centimètres permet d'arrêter les roues des chariots ou des tables d'instruments avant que ceux ci n'atteignent les murs. Les revêtements de plastique collé sont moins fragiles. Les plaques métalliques supportent les chocs mais en gardent la trace ce qui à terme rend la salle d'opération assez inesthétique. Le carrelage est un revêtement acceptable dans la mesure ou les joints sont de faible dimensions et parfaitement bien réalisés. Ceci suppose un carrelage adapté à bords très bien finis qui soit également mat afin d'éviter tout phénomène d'éblouissement pour le personnel. La qualité de pose est essentielle. Le coût de cette solution est élevé. Compte tenu de l'évolutivité nécessaire d'un bloc opératoire, il semble raisonnable de privilégier les solutions fiables et peu coûteuses.
Le plafond doit être en staff lisse peint, éventuellement en plaques lavables tel qu'utilisé dans les salles blanches de l'industrie . Les portes automatiques doivent être coulissantes, autant que possible à double ventail . Il est inutile d'utiliser des portes étanches, étant donné que dans tous les cas il sera nécessaire d'évacuer à l'extérieur la surpression des salles d'opération.
L'étanchéité des portes qui représente un surcoût incontestable dans la réalisation des blocs, n'apporte en réalité aucune sécurité supplémentaire. Elle était liée exclusivement à la pratique de méthodes de désinfection par voie gazeuse, heureusement abandonnées aujourd'hui.
L'éclairage doit être d'un niveau élevé de cinq cent lux au dessus du plan de travail de façon à permettre une activité de précision sans fatigabilité excessive. La température de couleur est ici importante car elle interviendra sur la coloration des téguments, ce qui joue un rôle important pour l'anesthésiste. Cette température de couleur doit être élevée et uniforme dans l'ensemble des locaux du bloc opératoire.
L'éclairage d'ambiance doit être réalisé par des appareils encastrés avec vasque de verre armé et joints d'étanchéité. |