La séparation des circuits propres et sales au sein d'un bloc opératoire relève d'une logique qui parait à priori incontournable. En fait des contrôles bactériologiques permettent de confirmer que dans un bloc bien entretenu, le secteur le plus propre du bloc opératoire est en fait le couloir sale. Ceci s'explique par le fait que cette circulation est peu utilisée par un personnel en quantité limitée, pendant un temps bref, pour transporter des sacs de linge fermés, des sacs de déchets fermés et des instruments placés dans des bacs contenant un produit détergent bactéricide, généralement munis d'un couvercle hermétique. Dans ces conditions les risques de contamination sont pratiquement nuls.
Par contre, la circulation la plus contaminée du bloc opératoire sera celle qui est considérée comme propre, voire par excès de langage, stérile. Ceci s'explique par les nombreux déplacements de personnels, de malades, par l'agitation consécutive au fonctionnement de l'ensemble des salles. Il en résulte une pollution microbienne importante liée à l'élimination des particules contaminées émises par chaque individu. Le couloir d'un bloc opératoire "propre" doit donc être particulièrement bien ventilé pour drainer rapidement cette contamination inévitable. Un débit d'air propre de dix à quinze volumes/heure est souhaitable.
A partir de là on peut envisager raisonnablement de transférer dans ce couloir général l'évacuation du linge sale, des déchets et de l'instrumentation. A la stricte condition que les techniques de confinement aient été particulièrement bien maîtrisées. Ceci reste néanmoins facile et permet de réaliser une économie importante sur la surface globale d'un bloc opératoire. On peut également envisager de conserver la théorie du double circuit en privilégiant un circuit de distribution et de stockage des produits stériles, uniquement emprunté par le personnel assurant cette distribution et le personnel assurant la mise en place des interventions.
Dans ce domaine, qui est resté longtemps hautement polémique, il n'existe pas de vérité absolue. L'une ou l'autre des solutions peut être retenue en fonction de l'organisation architecturale des locaux et du nombre de salles d'opérations. Le choix entre les deux doit être dicté par une réflexion intégrant ces différents critères et certainement pas sur un principe dont il est facile de comprendre et de démontrer les limites. |